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17 septembre 2018

LA CONTRIBUTION DES INSTITUTIONS À LA STRATÉGIE QUÉBÉCOISE D’ÉCONOMIE D’EAU POTABLE

Article rédigé par :

Yasmine Iguer, ing. jr, chargée de projets – Stratégie québécoise d’économie d’eau potable
Mathieu Laneuville, ing., M.Sc.A., responsable de la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable

 

Le secteur non résidentiel (industries, commerces et institutions) compte généralement pour moins de 5 % des branchements de service d’une municipalité, mais peut consommer environ le quart de l’eau distribuée selon une étude de Hoffman en 2007. Ainsi, plusieurs mesures ont été priorisées en collaboration avec les ministères québécois, le Conseil patronal de l’environnement du Québec, l’Association des gestionnaires de parcs immobiliers institutionnels, Réseau Environnement et la Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale du Québec pour favoriser la contribution de ce secteur à l’économie d’eau.


MESURER POUR MIEUX GÉRER


La mesure de la consommation d’eau outille les propriétaires d’immeubles non résidentiels et les municipalités dans leur démarche d’économie d’eau en plus d’améliorer la précision des bilans d’eau. En ce sens, la démarche progressive de la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable (la Stratégie) prévoit l’installation de compteurs d’eau dans ces immeubles pour les municipalités n’ayant pas atteint leurs objectifs. Les résultats du bilan 2016 de la Stratégie indiquent que plus de 90 % des immeubles non résidentiels seront équipés de compteurs d’eau d’ici le 1er septembre 2019.


Lorsqu’un compteur d’eau est installé à l’entrée d’eau d’un immeuble, il est possible de comparer la consommation mesurée aux valeurs de référence d’un même type d’immeuble pour savoir s’il y a une consommation anormale. Le cas échéant, il est possible d’investiguer davantage. Un exemple d’investigation est d’installer un enregistreur de données sur le compteur pour connaître le débit plancher (débit minimum observé). Plus ce débit est élevé, plus le potentiel d’économie d’eau est important. En effet, ce débit est souvent associé à des fuites réparables ou à des usages en continu qui peuvent être modifiés ou remplacés (ex. : purges et systèmes de climatisation ou de refroidissement sans boucle de recirculation).


INSTALLER DES PRODUITS À FAIBLE CONSOMMATION D’EAU CERTIFIÉS WATERSENSE


Dans la majorité des immeubles, la plus grande consommation d’eau provient des équipements sanitaires (ex. : toilettes, robinets, urinoirs, douches et adoucisseurs). Par exemple, le poste de la Sûreté du Québec à Laurier-Station a réalisé des économies d’eau de l’ordre de 29 % en installant des appareils de plomberie économiseurs d’eau dans son bâtiment.


OPTIMISER LES SYSTÈMES DE CLIMATISATION ET DE REFROIDISSEMENT À L’EAU


La première solution est d’éliminer les systèmes sans boucles de recirculation. Il est aussi possible de rattacher le système de refroidissement de l’équipement à une tour de refroidissement ou à un réseau d’eau glacée qui possède un système de recirculation de l’eau utilisée. Enfin, il est possible d’ajuster les valves d’alimentation en eau de refroidissement afin qu’elles se ferment entre deux cycles. La Ville de Montréal a estimé que ces équipements consomment au moins l’équivalent de l’eau potable produite par l’usine de Pierrefonds. À titre d’exemple, les Services techniques de l’Hôpital de Sainte-Anne-de-Bellevue ont connecté une tour de refroidissement aux condenseurs des chambres froides et des congélateurs de l’établissement. Cette mesure permet d’économiser plus de 58 millions de litres d’eau par année, soit l’équivalent de 23 piscines olympiques.


METTRE EN PLACE DES STRATÉGIES POUR ÉCONOMISER L’EAU D’ARROSAGE


Selon l’EPA WaterSense, 50 % de l'eau utilisée à l’extérieur est évaporée ou ruisselle dû à un arrosage excessif et n’est pas absorbée par les plantes. Par exemple, l’université de Sherbrooke a eu une note parfaite pour la gestion de l’eau dans le UI GreenMetric World University Ranking 2015 (1er au Canada et 9e au monde). Ceci s’explique notamment par l’interdiction de l’arrosage extérieur, la valorisation significative de l’eau de pluie, l’installation progressive d’appareils à faible débit et munis de détecteurs de mouvement et l’élimination graduelle de l’équipement utilisant l’eau d’aqueduc en continu


REMPLACER OU OPTIMISER LES INTERVALLES DE TEMPS DE CHASSE DES URINOIRS À CHASSE AUTOMATIQUE


Le remplacement consiste à installer des urinoirs avec détecteurs de présence individuelle automatique. L’optimisation se fait, par exemple, par un détecteur qui démarre le remplissage des réservoirs des urinoirs lorsqu’il détecte une présence dans la salle de bain. À titre d’exemple, le Centre de Formation Le Chantier à Laval a installé un système de détecteurs de présence dans les salles de bain de son établissement. Les économies d’eau réalisées grâce à cette mesure vont de 30 % durant le jour jusqu’à plus de 95 % durant la nuit et les jours de congé.


PORTRAIT DES IMMEUBLES DU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC


En ce qui concerne les consommations institutionnelles, celles des hôpitaux varient de 650 à 1 000 litres par lit par jour en Europe, de 715 à 3 090 aux États-Unis et de 2 000 à 4 700 au Québec. Celles des écoles primaires et secondaires varient de 10 à 50 litres par étudiant par jour en Europe, de 30 à 155 aux États-Unis et de 30 à 200 au Québec. Enfin, les consommations des immeubles à bureaux varient de 20 à 150 litres par personne par jour en Europe, de 35 à 60 aux États-Unis et de 30 à 85 au Québec. Ainsi, la consommation d’eau des immeubles gérés par la Société québécoise des infrastructures se compare aux valeurs retrouvées dans la littérature internationale pour les immeubles à bureaux. Cependant, celle des immeubles des réseaux de la santé et de l’éducation se retrouve au-delà des valeurs de la littérature.


Ces réseaux se sont donc engagés à installer ou remplacer les compteurs d’eau en collaboration avec les municipalités. Des audits de l’eau ont également été réalisés par type d’immeuble (ex. : école primaire, école secondaire, cégep, hôpitaux, etc.) afin de savoir où l’eau va et d’identifier les équipements ayant le plus grand potentiel d’économie d’eau. Il s’est avéré que ces équipements sont les systèmes de climatisation sans boucles de recirculation dans le réseau de la santé et les urinoirs à réservoir de chasse automatique dans le réseau de l’éducation. Ainsi, des plans d’action ont été préparés par chacun des réseaux et tous les établissements ont été invités à participer à une démarche progressive pour notamment remplacer les équipements identifiés.


Pour plus d’informations sur les plans d’actions, résultats et autres bonnes pratiques, nous vous invitons à la conférence La contribution des institutions à la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable qui aura lieu le 3 octobre prochain à 9h dans le cadre du colloque annuel de l’AGPI qui se déroule à l’Hôtel Mortagne de Boucherville.

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